Parler de luxe en période de crises, de guerres et de catastrophes, est-ce indécent ? Arrogant ? Ou militant ? C’est tout à la fois. Le luxe déclenche des réactions contradictoires : attraction-répulsion. Jalousies et admiration. Mais, forcé d’en convenir, le luxe, au-delà de l’affichage vulgaire, c’est d’abord le perfectionnisme poussé à l’extrême. L’excellence obsessionnelle. Des coûts inestimables oui, et donc un élitisme agaçant. Mais c’est aussi la France.
Les quatre premiers groupes mondiaux de luxe sont LVMH (la mode, les grands crus, les palaces, la joaillerie, l’art…), Kering (la mode, l’art, les croisières), Estée Lauder (américain, des cosmétiques et du maquillage) et Richemont (suisse, les montres). Forcément, les Français tiennent la barre. Est-ce leur passé versaillais ? Dans tous les domaines, le luxe, ça les connaît.
A Paris, des lieux légendaires “griffés”
Vivant à Paris, on est bien obligé d’observer qu’il occupe encore et toujours une place prépondérante dans les parcours touristiques. Les Champs Elysées, la Samaritaine en bord de Seine, l’avenue Montaigne, Saint Germain des Près… Comme par hasard des lieux emblématiques investis par les marques LVMH.
Ces temps-ci, les Parisiens sont partagés : grosses discussions autour de « l’appropriation des Champs par Arnault » : l’énorme immeuble Vuitton métro Georges V est devenu l’attraction qui fait polémique. En automne, c’était la statue géante de Yayoï Kusama penchée sur son toit. Aujourd’hui, le building est carrément emballé, façon Christo, sous forme de malle Vuitton. C’est pousser le marketing un peu loin. Et pourquoi pas la tour Eiffel ?! Comment osent-t-ils ?! C’est simple : la famille Arnault est propriétaire de l’édifice. Plutôt que nous imposer des échafaudages, l’homme le plus riche de France en fait une vitrine rutilante au milieu des illuminations de Noël. Et nourrit les empoignades des Parisiens partagés entre courroux et fierté. Bon…Il vaut mieux Arnault que les Qataris.
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