L'affaire Depardieu Les "anciens" mélangent tout

Depuis que le Président Macron a pris position pour ménager la réputation de Gérard Depardieu, il y a concurrence de tribunes sur la question. Les "vieux" défendent "un monstre sacré de notre cinéma". Les "jeunes" dénoncent une indulgence inadmissible.

Monstre sacré... et monstrueux.  (photo Valérie Hache/AFP)Monstre sacré... et monstrueux. (photo Valérie Hache/AFP)

L’affaire aura bien nourri les débats pendant les Réveillons. En plus des autres sujets qui fâchent, il faut maintenant ajouter Gérard Depardieu. Pas l’acteur lui-même et son comportement obscène, plutôt la réaction de son milieu face à son « lynchage médiatique ». Lynchage… le mot lui-même induit l’opinion. Un « lynchage médiatique » c’est, selon nos conventions, selon Emmanuel Macron, une injustice. On parle d’injustice ? Quid du forcing sexuel, de la main dans la culotte, des pelotages permanents, des grossièretés proférées qui souillent et s’impriment dans la tête ? Ne pas oublier que ce sont ces actes qui sont à l’origine de tout. C’est d’une autre violence que le « lynchage médiatique » que l’on dénonce.

Stars, présentateurs, producteurs, politiques… Protégés par leur pouvoir

Ceux qui hurlent au lynchage, ce sont (pardon) les vieux, les stars, les consacrés, ceux dont la carrière est faite, les habitués de ces dérapages, de ces abus qu’on entendait à longueur d’années, même en tant que journaliste. En « off ». Et même si l’idée d’un papier nous était venue, impensable de le voir publié. On ne va pas se fâcher avec quelqu’un d’aussi puissant, tu rêves ou quoi ! Une star de cet acabit, c’est une couverture potentielle, alors pas touche. Combien de silences, d’articles de complaisance sur des prestations minables pour pouvoir avoir plus tard « l’exclusivité » de Machin ou Machine dans ton journal. De gré ou de force, une forme de compromission était la règle. La cuisine interne, comme on dit.

  Depardieu et d’autres, metteurs en scène, producteurs, acteurs, présentateurs, politiques... étaient protégés par leur pouvoir. Un pouvoir qui, chez certains un peu bas du front, ou hors-sol, ou les deux, leur montait à la tête. Et ailleurs. Aujourd’hui, ça se sait.

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DANS L'OEIL DE CATHERINE SCHWAAB

Par Catherine Schwaab

JOURNALISTE MULTI CARTE Paris Match

Fashion Mode d’emploi (Flammarion)

Sciences Po - HEI Genève

Théâtre. Expos. Sorties. Restos. Toutes les tendances.

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